Cette épitaphe a été écrite par Joachim du Bellay (1522-1560), pendant la Renaissance, cette poésie a été dédiée à la mémoire son chat Belaud après sa mort. La description de ce chat prouve l'existence du chartreux à cette époque. Elle a été écrite en 1558 et se trouve dans le recueil Divers Jeux Rustiques. Ce poème comprend 200 vers, dont voici un extrait :
Epitaphe d'un chat
(...)
C'est Belaud mon petit chat gris,
Belaud, qui fut par aventure
Le plus bel oeuvre que nature
Fit onc en matière de chats:
C'était Belaud la mort aux rats,
Belaud, dont la beauté fut telle,
Qu'elle est digne d'être immortelle.
Donques Belaud premièrement
Ne fut pas gris entièrement,
Ni tel qu'en France on les voit naître,
Mais tel qu'à Rome on les voit être,
Couvert d'un poil gris argentin,
Ras et poli comme satin,
Couché par ondes sur l'échine,
Et blanc dessous comme une hermine.
Petit museau, petites dents,
Yeux qui n'étaient point trop ardents,
Mais desquels la prunelle perse
Imitait la couleur diverse
Qu'on voit en cet arc pluvieux
Qui se courbe au travers des cieux;
La tête à la taille pareille,
Le col grasset, courte l'oreille,
Et dessous un nez ébénin
Un petit mufle léonin,
Autour duquel était plantée
Une barbelette argentée,
Armant d'un petit poil follet
Son musequin damoiselet ;
Jambe grêle, petite patte,
Plus qu'une mouffle délicate
Sinon alors qu'il dégainait
Cela, dont il égratignait.
La gorge douillette et mignonne,
La queue longue à la guenonne,
Mouchetée diversement
D'un naturel bigarrement :
Le flanc haussé, le ventre large,
Bien retroussé dessous sa charge,
Et le dos moyennement long,
Vrai Sourian s'il en fut onq'.
Tel fut Belaud la gente bête
Qui des pieds jusques à la tête,
De telle beauté fut pourvu
Que son pareil on n'a point vu.
(...)
par Joachim du Bellay